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“Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement”  Nicolas Boileau
Culture numérique

La domination des GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple ou Microsoft), la marchandisation des données personnelles, la fin de la vie privée, l’impact sur l’environnement…

Hashtag

Un outil politique

Le rôle de la technologie peut devenir essentiel lorsque son appropriation à des fins politiques est réellement issue de la société.

Il s’agit d’utiliser une fonctionnalité technique qui n’était pas prévue au départ quand Twitter a été lancé et qui consiste à créer un mot clé (que l’on va écrire précédé d’un dièse) que tout un chacun peut insérer dans le message qu’il écrit sur Twitter ou ailleurs. Cette insertion du mot-clé va faire qu’automatiquement, le message apparaît aux yeux de ceux qui ont décidé de suivre ce hashtag. Pour le dire autrement, c’est la possibilité offerte par l’informatique de créer une grande conversation qui va rassembler tous les gens qui veulent s’y associer.

Tout ça fait du hashtag un outil politique tout à fait passionnant car il il recouvre plein de fonctions qui jusqu’ici étaient un peu éparpillées. Pas la peine d’envoyer des mails nominaux, des chaînes de textos pour informer. Vous donnez vos informations dans la grande discussion #MonSujet et les gens intéressés peuvent être au courant c’est une sorte de label. Le hashtag apparaît, il est identifié, il intègre la discussion, ce mot clé fait aussi slogan (et le fait qu’un hashtag fonctionne ou pas dépend aussi de sa puissance évocatrice, de sa brièveté). On peut se moquer de cette brièveté, de cette simplicité (et même de l’ambiguïté) mais cela fonctionne.

Comme on a pu le voir à propos de #JeSuisCharlie, on est au tout début de la compréhension du sens politique de ce type de mouvement et des formes d’engagement qu’ils supposent. Des mouvements qui n’ont plus grand chose à voir avec ceux portés par des partis, des syndicats, ou même des associations. Ce qu’on sait juste, c’est qu’ils ont l’avantage d’être décentralisés, moins hiérarchisés, sans leader charismatique, très ouverts et qu’ils favorisent la tendance contemporaine à un engagement très individuel, mais au sein d’un collectif très large sans passer par la représentation. Quant à savoir quelle traduction ce type de mouvement pourrait connaître dans la vie politique institutionnelle, c’est plus mystérieux, ou alors, c’est peut être que cette traduction est impossible. Ce qui devrait interroger nos hommes et femmes politiques.